La Songeuse, Bière de table à la fleur de Pensée
- La Songeuse en quelques mots
C’est une bière dite « de table », qui plonge ses racines dans la tradition brassicole monastique des pays d’Europe du nord tel que la Belgique ou l’Allemagne. Issue du mout le plus dilué lors du brassage, la « petite bière » est très peu alcoolisée et modérément qualitative. Elle accompagnait les repas quotidiens des moines, puis de toutes les strates de la société après que sa production ai été réalisée par des brasseurs laïcs.
Jusque dans les années 80, les écoliers belges et du nord de la France, purent en profiter à la cantine. Ce style de bière très populaire fut l’un des fers de lance des brasseries barisiennes, aussi bien consommé nationalement, que localement. En effet, Bar-le-Duc fut longtemps une cité ouvrière avec une activité industrielle forte. De grands noms d’entrepreneurs tel que Werly pour le textile, Bradfer et Durenne pour la métallurgie, ou encore Dyckhoff, pour la mécanique firent la renommée de la ville.
Ma petite bière se veut être un hommage à ce passé industriel et industrieux de Bar-le-Duc, ainsi qu’une réinterprétation de ce style populaire un peu désuet.
Maintenant sans doute assoiffé, vous pouvez vous désaltérer et apprécier l’authenticité de La Songeuse.
À moins que vous vouliez vous griser de connaissances encore un peu plus ?
Alors entrez dans les détails de cette « petite » bière en lisant la suite !
- Les secrets d’histoire de La Songeuse
La Songeuse, ma Bière de table, est un hommage à un style de bière qui fut jusqu’à la fin des années 80, très populaire et largement répandu en Europe du nord, dans les régions françaises frontalières de la Belgique et en Lorraine. C’est également un hommage à ce Bar-le-Duc d’autrefois, cité industrielle et ouvrière, dont les seuls témoins aujourd’hui se résument à de rares vestiges mais souvent en mauvais état ou à des noms de lieux et de rues. À commencer par les anciennes brasseries de la ville.
La mémoire du « hall des brasseries » est encore tenace malgré son démantèlement, remplacé par le nouveau cinéma et un pole de formation spécialisé. Ce hall était une salle polyvalente et se nommait ainsi car édifiée sur un terrain appartenant, il y a longtemps, à la brasserie La Croix de Lorraine. Brasserie dont la canetterie « abrite aujourd’hui le centre technique municipal. »*

Carte postale (entre 1880 et 1933), Collection V. MARTIG
Plus loin, un autre témoignage encore animé de vie actuellement, la brasserie La Meuse. Ses locaux recouvraient un espace allant du siège de l’ASPTT Bar-le-Duc à la résidence du 39 Avenue Gambetta ; aujourd’hui, cet espace se réparti entre la fromagerie Schreiber Foods France, l’entreprise de travaux publics (maintenance de voies ferrées) P. Fourchard et R. Renard et des lieux d’habitations.
Globalement, les brasseries faisaient parties d’un ensemble industriel bien plus vaste et diversifié qui s’étendait sur chacune des rives de l’Ornain, avec d’un côté le chemin de fer Paris-Strasbourg et de l’autre, le canal des usines ; cela, jusqu’à l’actuelle zone d’activité de Salvange, en direction du pont Dammarie, sur la commune de Savonnières-devant-Bar.

Carte postale, Collection V. MARTIG
Ces industries connurent pour la plus part, leur apogée à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, employant plusieurs milliers d’ouvriers et firent le cœur battant de Bar-le-Duc pendant plusieurs décennies. De grands noms en sont issus, telles que les familles Werly pour les industries du textile, Bradfer et Durenne pour la métallurgie, ou encore Dyckhoff, pour la mécanique.
Ce dernier ayant collaboré avec Diesel à l’invention du moteur éponyme et reçu le monopole de sa fabrication en France par son ami allemand. Une usine automobile vit même le jour fin XIXe et ce, l’espace de quelques années.
D’autres activités, telles la production viticole, – dont la Côte Sainte-Catherine en était pour partie la source avec ses vignes – participèrent à la renommée de Bar-le-Duc. Encore aujourd’hui, l’artisanat gastronomique de la Cité des ducs et du barrois s’exporte bien au-delà des frontières, jusqu’au Japon en passant par les États-Unis, avec les confitures de groseilles épépinées à la plume d’oie. Tradition singulière et raffinée qui remonte au Moyen Âge et encore entretenue de nos jours par La Maison Dutriez**.
Les choix politiques et économiques, ainsi que les aléas de l’Histoire, notamment incarnés par l’entrée en guerre de la France dans le premier conflit mondial en 1914 contribuèrent à la perte de vitesse et à la fin de vie d’un grand nombre de ces industries barisiennes. Phénomène qui se prolongea tout au long du XXe siècle. D’une manière générale, les changements de mode de vie des pays de l’Europe de l’Ouest ont eux aussi, impacté la production et la consommation de la bière de table au point de la rendre désuète aujourd’hui.
- La Songeuse, aux origines d’une bière de table
Ce style trouve ses origines au Moyen Âge, dans les production monacales de l’actuelle Belgique. Traditionnellement issue des dernières filtrations des drêches lors du brassage de bières plus fortes, le moût qui en est extrait est très faible en densité et en alcool (entre 2 et 4%), ce qui rendra la bière qui en découle, très désaltérante mais pauvre en saveur. Ce dernier point lui permet néanmoins de s’accorder avec une grande variété de plats, d’où ce qualificatif de bière « de table ». Elle était consommée quotidiennement par les moines, contrairement aux bières « doubles » (dubel) ou « triples » (tripel), de meilleure qualité et plus fortes en goût ainsi qu’en alcool. Ces dernières étaient réservées pour les grandes occasions, pour les invités de marque ou autres voyageurs pour lesquels les moines, se faisaient un devoir de les recevoir depuis la mise en place de la Règle de saint-Benoît au VIe siècle (règle qui les enjoint (entre autres) à offrir l’hospitalité aux personnes de passage).

La bière de table finit par sortir des monastères avec les premiers brasseurs laïcs et à se répandre largement dans la population pour devenir un style à part entière. Jusque longtemps, elle resta l’un des breuvages les plus consommés au quotidien pour sa salubrité plus importante que celle de l’eau. Suivant toujours le même procéder de fabrication à travers le temps, on la trouvait en bouteille consignée de 1L avec son bouchon mécanique sur toutes les tables de Belgique et du nord de la France à l’heure du repas chez les ouvriers et autres travailleurs, comme sur celle des écoliers. Et ça, jusque dans les années 80 pour les établissements scolaires belges, afin de limiter la consommation de sodas.
À partir de la fin du XXe siècle, la « petite bière » connut le déclin du fait de sa qualité plus que moyenne et d’un mode de distribution et de consommation différent avec l’apparition des grandes surfaces et de leur choix plus varié de bières industrielles, « gustativement » supérieures.
Aujourd’hui, la bière de table se réinvente en étant brassée telle une bière classique afin de lui donner plus de caractère et de singularité, tout en conservant sa faible teneur en alcool. C’est sur ce principe que s’appuie La Songeuse.

En plus de son goût céréalier et léger, subtilement amère avec ses variétés de houblons typiquement français, Aramis et Stresselpaltz, La Songeuse, se distingue par cette pointe sucrée et mentholée toute particulière que la fleur de Pensée lui apporte. Les Pensées, ainsi que le nom de la bière, font référence à Bar-le-Duc : les premières, on les retrouve au nombre de 3 dans le blason de la ville et le second, évoque son surnom « la Belle endormie ». Enfin, cette rêveuse au centre de l’image, est l’allégorie de la Cité des Ducs, revêtant une robe dont le style était très en vogue durant la Belle époque, période faste pour Bar et ses industries, notamment les brasseries. Enfin, le style graphique reprend celui d’Alfons Mucha, grand nom de l’Art nouveau qui rayonne partout en Europe et notamment en Lorraine en cette fin de XIXe siècle.
*Extrait tiré du catalogue d’exposition Bières à Bar, Histoire des brasseries barisiennes, (aut.) Franck MOUROT, (éd.) Édition de la Communauté d’Agglomération Bar-le-Duc, Sud Meuse, 2015
**Références tirées de La Belle épépinée, Une confiture de Groseilles unique au monde, (aut.) Marie-Thérèse BASTIEN, (éd.) Éditions du Barrois, 1990.
- Le mot de la fin
Cette « petite bière » de caractère, au titrage alcoolique très faible (4°) mais à la douceur et rondeur céréalière ainsi que florale, vous accompagne toutes l’année à l’heure que vous voulez, pour passer l’après-midi ou agrémenter n’importe lequel de vos repas.
Consommée plutôt fraîche, à 4 ou 5°C dans un verre allongé droit ou une chope, saisissez toutes ses saveurs en l’accompagnant de plats simples et légers en été. Durant les saisons intermédiaires, avec des plats aux goûts plus complexes et prononcés, La Songeuse saura les mettre en valeur.
Quel que soit la nature du repas, que vous soyez seul, accompagné, entre amis ou en famille, ma Bière de table participera à vous faire apprécier l’un des moments les plus conviviaux de la journée et l’un de nos arts les mieux reconnus et envié au monde : le savoir bien manger.
